Blog - Pierre Grave
Liu Bolin au musée de l'Elysée de Lausanne


J’ai visité ce 23 novembre 2018 l’exposition du Musée de l’Elysée de Lausanne consacrée à Liu Belin.
Liu Belin est un artiste chinois vivant près de Pékin. Son atelier a été détruit par les autorités locales lors de la préparation des récents jeux olympiques. Pour protester contre cette atteinte à son outil de travail, il s’est alors photographié dans les ruines de son studio. Depuis lors, il a continué à le faire dans différents lieux de la capitale chinoise et de ses environs.
Ses photos exposées au musée de l’Elysée sont des tirages couleur de très grand format et pourraient à mon avis être intitulées « autoportraits discrets et contestataires ».
Dans un premier temps, on pourrait croire qu’il s’agit de surimpression entre un décor et une photo en pied de l’artiste mais en y regardant de plus près, et vraiment de plus près, on comprend qu’il n’en est rien.
En fait, Liu Belin a peint sur son vêtement les éléments du décor et ce avec tellement de réalisme que son personnage se fond complétement avec son environnement et qu’il est même souvent difficile de l’en distinguer. Un de ces « costumes » est d’ailleurs exposé à l’Elysée et on comprend ainsi mieux la qualité du travail effectué.
J’avoue avoir été impressionné (sans mauvais jeu de mot) par la mystification de ces œuvres et la précision des détails qui en sont à l’origine.
A l’inverse, je suis comme souvent déçu qu’un tel talent artistique ne soit utilisé que pour la déclinaison d’une même idée en de multiples exemplaires plutôt que sur des thèmes et des créations variées et originales.
Les grands artistes d’autrefois savaient me semble-t-il mieux nous surprendre en sortant du cadre pictural auquel ils nous avaient habitué même si ce dernier avait été couronné de succès.
Malgré ce regret, je conseille la visite de cette exposition qui sait nous surprendre, éveiller notre curiosité et générer chez le visiteur étonnement et admiraation.

http://www.elysee.ch/accueil/

   

     

     

http://www.elysee.ch/accueil/



Mes visites d'expo parisiennes de janvier 2017
  1. Galerie Polka
Deux belles expos bien mises en valeur dans le calme du Marais
  • William Klein:
J'apprécie ses vues de Paris et ses photos de rue bien mises en valeur par la juxtaposition serrée façon "mur":

http://www.polkagalerie.com/fr/exposition-paris-klein-william-klein.htm

  
  • Joël Meyerowitch
Joêl Meyerowitch est l'un de mes photographes de rue préférés mes ses oeuvres ici exposées sont pluôt des paysages. Ces photos en couleur pastel cortrespondent à la seconde partie de sa carrière. Les tirages présentés sont de grande dimension et séparés sur les cimaises de la galerie.

http://www.polkagalerie.com/fr/exposition-taking-my-time-part-ii-joel-meyerowitz.htm

     



2. Maison européenne de la photographie
  • Harry Callahan
L'exposition retrace la vision qu'à eu le photographe de la ville d'Aix en Provence.
J'avoue ne pas avoir été emballé par ses tirages noirs et blancs. Seuls les vues de nombreuses fenêtres et les surimpressions de paysages avec le corps de sa femme Eléonore m'ont vraiment intéressé.

       

Andres Serrano

De grands tirages couleur de SDF:

      

  

Diana Michener

Photos noir et blanc de'animaux en captivité:

    

3. B.N.F.: Richard Avedon

Belle exposition au sein de la gigantesque Bibiliothèque natioanale sur ce photographe qui marqua de son empreinte le 20ème siècle.

   

   

4. Fondation Henri Cartier Bresson:

Pour une fois, la fondation, met en valeur son photographe éponyme en exposant de nombreuses photos et artefacts évoquant son livre iconique: "Images à la sauvette".

J'ai beaucoup aimé, même si de nombreuses photos du maître sont maintenant presque "trop" connues.

  



En résumé, une excursion photographioque dans la capitale qui furt un excellent cru !





Mes dernières visites d'expositions février 2016,
Au musée de l'Elysée, à Lausanne,

Je n'ai pas été emballé par l'exposition consacrée à Werner Bischoff. Elle met en valeur de nombreuses excellentes photos comme celles ci-dessous mais je n'y trouve pas de style, de patte personnelle.

      

En revanche, l'exposition intitulée Anonymats d'aujourd'hui, petite grammaire photographique de la vie urbaine m'a beaucoup intéressé

Vidéo de présentation:
https://vimeo.com/160064884



Bettina Rheims à la M.E.P.:

Cela fait longtemps que je n'avais pas fait la queue sur le trottoir pour entrer à la Maison Européenne de la photographie.

Il faut dire que Bettina Rheims attire le grand public à la fois par sa célébrité et par le côté provoquant de nombre de ses photographies. De ce point de vue là, on en a pour son argent !
Femmes, transexuels et travestis rivalisent dans l'objectif de la photographe de pauses les plus érotiques.
En fait, sans pudibonderie déplacée, les photos que je préfère sont les portraits les plus "sages tels que ceux ci-après de Kristin Scott Thomas, Catherine Deneuve et Charlotte Rampling:


         

Au Jeu de Paume,

François Kollard photographe "classique" de l'industrie, de la mode et auteur de quelques beaux portraits mémorisa également la vie parisienne, ses rues et ses commerces:


     

Dans un genre très différent et beaucoup plus moderne, Helena Aleida fusionne ses peintures à ses auto portraits créatifs et use (et parfois abuse) de séries répétitives.
Sa fascination narcissique pour le corpset l'abstraction, même si elle finit par irriter ne masque pas un art réel du cadrage. Regrettons cependant que, comme de nombreux artistes contemporains, elle se contente de décliner à l'infini une même idée, même intéressante.


      




Expos parisiennes novembre 2015
A la M.E.P., jusqu'au 17 janvier 2016,

Superbe rétrospective consacrée à Bruno Barbey.

Ce photographe de l'agence Magnum est à vie moins connu et apprécié qu'il le devrait. On peut dans cette exposition apprécier l'ensemble de son oeuvre, ses anciens noirs et blancs dans les séries "les italiens" ou "mai 68" et ses tirages grands formats plus modernes de Chine ou d'Afrique.
A signaler une vidéo très intéressante dans laquelle il commente son oeuvre mais qui n'est malheureusement pas en vente à la boutique de la M.E.P.

Si vous voulez vous faire un plaisir, offrez vous, comme je l'ai fait, le superbe catalogue de l'exposition intitulé comme cette dernière "Passages" (79 €)


     

Massimo Berruti

de grands tirages N&B sur le conflit Israelo Palestinien avec des noirs profonds:


   

J'ai aussi beaucoup aimé le travail très créatif de Stéphane Couturier sur l'Afrique du Nord. Des façades d'immeuble quasi impressionistes, de grands posters très colorés et très graphiques sur des sites industriels et, c'est la première fois que je vois ce genre d'oeuvre, des "portraits photohotos/vidéo" en très haute définition où le  sujet bouge imperceptiblement (lèvres, oeuil) en boucle sur des vidéos présentées dans des cadres photo.

exemple: 
http://www.stephanecouturier.fr/couturier/video10.html

         

A la fondation Henri Cartier Bresson,

Miniatures de Jeff Wall jusqu'au 20 décembre 2015:

Parlons franchement, j'ai été déçu par cette exposition de miniatures pas si petites que cela !
J' y ai cependant retrouvé avec plaisir des thèmes qui me sont chers comme les vitrines ou les objets du quotidien (éviers, serpillères) ainsi que quelques beaux portraits et des "morceaux de corps".


     

Au grand Palais,

Lucien Clergue, jusqu'au 15 février 2016

Il n'est pas besoin de vanter les oeuvres d'un des maîtres français de la photographie décédé cette année et qui a tant fait pour cet art.
On retrouve bien sûr dans cette exposition ses célèbres "nus sans tête" mais aussi ses photos de gitans,de tauros, ainsi que ses portraits de Picasso ou Jean Cocteau qui furent ses mécènes et ses ardents supporters.
On y voit aussi de très nombreuses compositions graphiques de branchages, d'arbres et ses tracés de sable.
Je regrette toutefois que les nombreuses vidéos projetées et par ailleurs très intéressantes créent un brouhaha sonore très perturbant pour le visiteur et que les photos, certe très nombreuses, soient tellement juxtaposées qu'il est difficile d'isoler son regard sur chacune d'entre-elles et de les apprécier à leur juste valeur.
En résumé, un contenu très riche et intéressant mais une mise en valeur déplorable et peu coutumière au Grand Palais.


   


A l'hôtel de Sauroy, jusqu'au 5 décembre 2015,

Bernards Descamps

J'aime beaucoup ce que fait Bernard Descamps. Ses tirages sont en noir et blanc et d'une dimension "classique" 30X40 ou 40X50. C'est un artiste spécialiste des paysages, carrés et souvent assez graphiques.
Il vient d'être l'invité d'honneur du dernier hors série de Réponses Photo dont le thème est "Pourquoi photographiez-vous".
Il a posé la question à de nombreux confrères et sa propre réponse est: "je photographie pour vivre deux fois".
J'ai beaucoup apprécié cette exposition située dans le cadre spacieux et historique de l'Hotel de Sauroy dans le quartier du Temple.
J'ai aussi acheté son dernier livre (il en publié beaucoup) intitulé "Où sont passés nos rêves".


       



Vivian Maier
           
                                                                                     
                                                                                                                                                               
     

J'ai envie de partager ici avec vous mon intérêt et mon admiration récents mais forts pour la photographe "phénomène" découverte en 2012, peu de temps après sa mort, à savoir Vivian Maier.
Je possède je crois tout ce qui est paru sur cette artiste atypique dont la production photographique fut aussi pléthorique que confidentielle, du moins de son vivant et qui n'a pas encore cependant eu l'honneur des cimaises des musées les plus prestigieux.
Je suis bien sûr intéressé par l'originalité du personnage visiblement un peu caractérielle et obsessionnelle qui passa une bonne partie de sa vie à garder des enfants tout en les traînant derrière elle ou, parfois, en les perdant lors de ses nombreuses pérégrinations photographiques. C'est pourtant la qualité de son oeuvre qui me séduit le plus. Avec son seul Rolleiflex autour du cou, elle a su saisir des situations,des portraits des paysages urbains de la scène New-Yorkaise d'une qualité exceptionnelle en matière de choix de sujet, de cadrage et d'éclairage. Elle est à mon avis une des meilleures photographes de rue au même titre que Gary Winogrand, Paul Strand ou même l'icône Henri Cartier Bresson.
Elle excelle aussi dans l'art difficile de l'auto-portrait ainsi que dans la photographie graphique. En voyant ses portraits d'inconnus pris au plus près de ses sujets avec le 75 mm de son Rolleiflex, je ne peux m'empêcher de penser qu'il lui serait aujourd'hui difficile de procéder de même. Joël Meyerovitch, lui même célèbre photographe de rue,  prétend que ceci était facilité par la visée ventrale de son appareil. Je ne le crois pas. En fait, j'ai le sentiment que Vivian Maier était un peu "foldingue" mais aussi assez culottée. Pour preuve les interviews qu'elle faisait, sans aucune habilitation, auprès des clients des supermarchés et que l'on entend dans le DVD qui lui est consacré.
Pour découvrir l'oeuvre et la personnalité de cette artiste exceptionnelle:     


http://www.vivianmaier.com/

 




Florence Henri au jeu de Paume

J'ai découvert avec plaisir cette artiste du début du 20ème siècle et ai particulièrement apprécié ses auto portraits tronqués avec effets de miroir, ses jolis nus, ses structures industrielles et le "Pont de Paris sur le canal Saint Martin".

   


       

  

Voir la vidéo de l'exposition:


Florence Henri au Jeu de Paume par JeudePaume


William Eggleston à la Fondation Henri Cartier Bresson










William Eggleston, du noir et blanc à la couleur

Il me semble intéressant de visiter cette exposition dans la foulée de celle de Gary Winogrand car il s'agit, dans les deux cas, de photographes américains spécialistes de la photo de rue mais ayant une approche, à mon avis, très différente.
Autant la photo de Winogrand semble privilégier le nombre afin de couvrir un maximum de situations, autant celle d'Eggleston, bien qu'illustrant des sujets vernaculaires et apparemment banals dénote un choix précis de la part de l'artiste. Qu'il s'agisse d'un aspect esthétique comme la photo du parking dans laquelle le personnage et la voiture sont parfaitement positionnés par rapport aux lignes obliques du bâtiment ou du sujet telles que secrétaire ou réceptionniste, aucune de ses photos ne semble être le fruit du hasard.

William Eggleston va parfois jusqu'à donner une impression de mise en scène comme dans la fameuse photo du trio : voiture, bourgeois blanc et serviteur noir prise en plongée.
J'avoue être plus à l'aise avec la photographie de Eggleston qu'avec celle de Winogrand. J'y retrouve certains de mes centres d'intérêts tels que ce que j'ai appelé « empreintes intimes » ou « fenêtres et vitrines ». Et la douceur volontaire des couleurs des photos me réconcilie avec cette catégorie de tirages.
Je ne cache donc pas mon enthousiasme pour cette exposition ainsi que pour le joli petit catalogue qui l'accompagne

J'aime





expo Gary Winogrand au Musée du Jeu de Paume

On peut voir de nombreuses photos de Gary Winogrand en tirage 30X40 souvent d’époque . On y retrouve bien sûr les photos les plus connues du photographe telles que celle du couple bicolore avec leur singe ou le fameux banc aux  commères mais aussi de nombreux clichés moins célèbres .
La qualité esthétique et le cadrage des photos de Winogrand n’est pas évidente : flou involontaire, horizon penché, personnages masqués . On a l’impression que le photographe mitraillait souvent au jugé sans trop réfléchir et qu’il triait ensuite . On peut aussi s’interroger sur le choix des responsables de l’exposition de montrer des photos laissées en héritage après le décès de Winogrand. Peut être l’editing de l’auteur aurait-il été très différent si il l’avait fait lui-même .
En fait j’ai surtout été intéressé par l’aspect documentaire des clichés de Gary Winogrand, témoignages passionnant de l’amérique profonde des années 50 et 6O.
A voir




Bérénice Abott, un oeil sur le 20 ème siècle


En cette journée typique d'automne, je viens de regarder le film "Berenice Abott, a view on the 20th century".
J'avais acheté ce DVD à la sortie de l'exposition que le musée du Jeu de Paume avait consacré, il y a quelques mois, à cette grande photographe décédée en 1991 à l'âge de 93 ans . Je ne l'ai visionné qu'aujourd'hui mais ne peut que le conseiller à tout amateur passionné de photographie.
Ce film d'une heure est le témoignage d'une grande photographe du 20ème siècle mais aussi des années 20, de New York et Paris à la belle époque et nous permet de revoir les magnifiques photos de cette grande artiste.
Quelle grande dame et quel talent !
A voir et à conserver !



Séries photo, « post » ou «pré » production ?
Passionné de photo depuis presque cinquante ans (eh oui, je ne suis plus tout jeune), il y a bien longtemps que je ne sors pas sans être « couvert » par un ou plusieurs appareils dans ma besace.

Pendant plusieurs années j'ai « mitraillé » au gré de mes voyages et diverses rencontres, avec comme critère de sélection souvent inconscient mon intérêt, mes goûts et les aspects originaux ou esthétiques de ce qui traversait mon viseur.

J'ai ainsi accumulé des centaines de négatifs, tirages de toutes dimensions et diapos, n'utilisant comme mode de classement que la chronologie et la date de prise de vue. De nombreuses boîtes encombrent ainsi encore aujourd'hui mes placards et je me suis juré qu'un jour, « quand j'aurai du temps » je reprendrai tout cela de A à Z pour faciliter le travail de ma descendance qui, j'en suis sûr, ne manquera pas de faire passer mes œuvres à la postérité ! (rires)

Lorsque, il y déjà pas mal d'années, arriva le numérique et que mes photos, argentiques ou digitales se sont retrouvées dans mon ordinateur ou sur des disques durs j'ai, dans un premier temps, continué à les classer chronologiquement dans des arborescences année/mois/appareil en essayant de ne pas m'emmêler les crayons et en m'assurant de faire des sauvegardes périodiques afin de ne pas risquer de perdre mes précieux clichés.

Cette thésaurisation sans fin aurait pu continuer ainsi sans changement si je n'avais décidé, afin de partager mes meilleures photos avec d'autres amateurs, de créer un site personnel sur Internet. Comme j'ai choisi d'utiliser pour ce faire un outil standard mais destiné aux photographes, j'ai dû me soumettre à la structure de de dernier et, en particulier, ranger mes clichés préférés dans des « galeries ».

M’interrogeant sur le titre de ces dernières j'ai pris conscience que j'avais, au fil de mes années de photographe amateur passionné, traité très fréquemment des thèmes récurrents. Il y avait bien sûr les traditionnels portraits et paysages mais aussi des sujets qui m'étaient plus personnels comme « portes et fenêtres », « salles et terrasses de café » ou « ruines et décrépitudes ». Je les ai donc transformés dans mon site en galeries mais, prenant conscience de la réalité de ces « séries », ai commencé à les utiliser lors de mes errances photographiques comme critère de prise de vue. Il m'arrive souvent aujourd'hui, non seulement de me réjouir de pouvoir enrichir, comme un collectionneur, mes séries personnelles mais aussi de partir « à la chasse » à un « gibier photo » déterminé ce qui me permets une attitude beaucoup plus sélective et déterministe qu'auparavant.

J'ai même récemment, franchissant encore une étape dans mon volontarisme photographique, créé, de toute pièce, des séries comme celle que j'ai intitulé « empreintes intimes ». Pour cette dernière j'ai délibérément rompu avec mes habitudes, photographiant en couleur et souvent au flash les lieux intimes de nos habitations comme la salle bain, les chambres à coucher matinales, les cuisines avec casseroles et vaisselles sales et même les toilettes. Tout le contraire de l'architecture d'intérieur photographiée dans les magazines de décoration mais des lieux vivants où nous laissons tous, quotidiennement, notre empreinte.

Je ne sais si mon cheminement : thème de prédilection puis classement en série et enfin enrichissement délibéré et innovation est habituel ou très personnel mais il m'a permis, je pense, d'enrichir mon approche photographique en la rendant plus volontariste et plus satisfaisante que la « mitraille » de ma jeunesse !



Luc Chessex, Matthieu Gafsou et anonymes

Disons le tout de suite, je ne suis pas un inconditionnel des photos de Luc Chessex, ni en ce qui concerne les thèmes (la femme à Cuba) ni quant à l'esthétique de ses oeuvres.
En  revanche, je ne connaissais pas Matthieu Gafsou mais ai apprécié ses portraits de drogués, sensibles et empreints d'une certaine beauté. L'idée me semble intéressante de montrer que la déchéance physique et souvent intellectuelle n'est pas forcément synonyme de laideur.


         



Pour ce qui est de la troisième partie de l'exposition, les collections anonymes du musée, j'avoue ne pas avoir découvert de "pépites" ignorées par la postérité. N'est pas Vivian Maier qui veut!




- Mes dernières visites d' expos parisiennes : Erwin Blumenfeld, Sergio Larrain, Raymond Depardon, Brassaï et Anders Petersen
Au jeu de Paume, Erwin Blumenfeld.

  Vidéo de présentation ou par le musée

     


Découverte d'un artiste très eclectique de la première moitié du 20ème siècle. L'expo commence par des dessins et des collages et se poursuit par des portraits intéressants de diffétrentes célébrités du 20ème siècle et de nombreux auto portraits. J'ai été déçu par la qualité médiocre de certains des titrages d'époque. On découvre ausssi de jolis nus et une magnifique photo de cheveux.

Erwin Blumenfeld est aussi un grand adepte de la solarisation. Il montre sa grande créativité en sublimant nombre de ses portraits par l'originalité » de ses cadrages. A titre d'exemple un gros plan de fesses féminines rendu purement graphique par le niveau élevé du contraste du tirage.
Ses photos de mode (Vogue) sont, elles aussi originales, tant dans leur cadrage que dans les poses demandées aux modèles.

J'ai particulièrement apprécié sa citation ; « Pour moi, un photgraphe amateur est un passionné, un expert libre qui photgraphie ce qu'il aime et aime ce qu'il photographie. »



A la fondation Henri Cartier Bresson, Sergio Larrain, « Vagabondages » :

  Site de la fondation


  

Sergio Larrain, artiste et photographe chilien est décédé récemment, en 2012.
Je placerais ce photographe dans la catégorie des « photographes de rue ».
J'ai apprécié les photos de Londres, du Pérou et, bien de son pays natal.
Je citerais, parmi mes préférences, une petite mendiante au Chili, un gros plan de marches (ce type de photo semble être pour lui un sujet de prédilection qu'on retrouve dans ses vues de pavés), de petits mendiants et de nombreuses photos des bordels de Valparaiso.


Au grand palais, Raymond Depardon, « un moment si doux » :


Vidéo de présentation de l'exposition


    



Même si on connait Depardon et son œuvre, on est un peu surpris par cette exposition.
Une première caractéristique en est le choix délibéré, taznt pour les phtos anciennes que pour les plus récentes, de la couleur.

En visitant cette exposition, on voyage dans le temps et l'espace, en commençant par le nord de la France dans les années 50 pour aller jusq'aux Etats unis et à la Bolivie en 2013 en passant par Beyrouth en ruines à la fin du 20ème siècle.

Les tirages sont de taille très variable (24x30 à 1mx2m) mais les couleurs sont toujours saturées et souvent vives (sauf à Londres).
En regardant les quelques photos volées à l'aide mon téléphone vous saurez ce qui m'a le plus intéressé dans cette exposition presque incontournable pour tout amateur de photographie.
A signaler, à la vente, de nombreux livres de l'artiste et le catalogue mais aussi, ce qui est moins fréquent, un DVD réalisé pour l'occasion.


A la mairie de Paris, Brassaï, « pour l'amour de Paris » :

Vidéo de présentation

   




Une fois admis l'inconvénient inhérant aux expositions gratuites organisées par la mairie de Paris c'est à dire une heure de queue à l'extérieur puis, malgré le filtre fait à l'extérieur, un trop grand nombre de visiteurs à l'intérieur, je dois bien admettre qu'il serait dommage de rater cette opportunité d'admirer une bonne partie de l' œuvre de Brassaï.
Parmi les différents « chapitres » de l'exposition, ceux que j'ai le plus apprécié sont la série consacrée au Paris interlope des marlous et des catins, celle évoquant la complicité du photographe avec Picasso et, bien sûr, le Paris nocturne où Brassaï excèle par son talent exceptionnel de la composition et de la lumière.

En sortant de l'hôtel de ville on se dit que notre capitale est décidement un sujet exceptionnel pour les artistes en général et les photographes en particilier et que si tous les amateurs et professionnels qui, comme moi, essaient de « couvrir », au mieux les quartiers les plus photgéniques, ont besoin d'un maître source de leur modeste inspiration, c'est vraiment Brassaï qui est le mieux plaçé pour jouer ce rôle !


A la BNF (l'ancienne) Anders Petersen "Photographies"


Vidéo de présentation de l'artiste



 


J'aurais aimé vous parler de ma visite de cette exposition que j'avais programmée pour mon dernier voyage parisien.
Malheureusement je n'avais pas noté qu'elle était présentée à l'ancienne B.NF. et me suis rendu près de Bercy, trop tard pour faire le détour par l'Opéra.

Dépité, je me suis cependant procuré le beau catalogue de l'exposition présentant des phos très contrastées, au grain énorme sur papier mat.

J'avoue que le genre photographique assez "trash" visiblement prisé par Petersen n'est pas ma tasse de thé. Je trouve ceci étant dit que l'oeuvre d'Anders est intéressante, non pas par son ésthétisme mais par l'évocation réaliste de la collectivité dépravée mais existante qu'il dépeint. Même si cela peut géner le côté drogue sex et rockn'roll fait partie de notre humanité ert n'en est pas forcément dénué.

J'ai trouvé également certaines photos qui, prises isolément, m'ont semblé même si il s'en défend, être la preuve qu'Anders Petersen est un véritable photographe doué d'un "oeil" exceptionnel.





- Expositions René Burri et Martin Parr au Museum für Gestaltung de Zurich

            

Quelle bonne idée a eu le Musée de l’Elysée d’organiser pour ses abonnés une journée à Zurich avec des visites guidées des expositions « Double vie » de René Burri et « souvenirs » de Martin Parr.


J’ai trouvé très intéressante la confrontation, en un même lieu et à une même date des œuvres si différentes de ces deux artistes.

 

      


Le thème « double vie » de l’exposition René Burri est la confrontation des œuvres noir et blanc et couleur du photographe suisse. Les premières sont les plus connues et c’est peut être la raison pour laquelle mon intérêt s’est surtout porté vers les secondes.


Bien que mon goût et ma pratique photographique soit essentiellement consacrés au noir et blanc ce sont, étonnamment, les photos couleur de René Burri que j’ai le plus appréciées. J’ai aimé son utilisation graphique des couleurs parfois limité à quelques taches (une voiture américaine, les lampes de deux mineurs) ou, au contraire, prenant le pas sur le sujet lui-même (hôtel Marika de Beyrouth ou Mexico San Christobal).
J’ai, bien sûr, aimé les célèbres vues graphiques « d’en haut » mais aussi les vues partielles, coupées des sujets humains (pieds, maillots de bain).
Je me disais en sortant de cette belle exposition que René Burri était probablement moins connu que certaines de ses photos « icônes » et que c’était peut-être injuste compte tenu de la richesse globale de son œuvre.

 

http://www.museum-gestaltung.ch/en/exhibitions/jahresprogramm-2013/rene-burri/


Après un agréable déjeuner pris en compagnie des autres participants, tous passionnés de photographie, nous plongeâmes dans un tout autre univers, celui de Martin Parr. Quel contraste avec René Burri !


    


Il me semble qu’on pourrait résumer l’œuvre du photographe britannique par un témoignage, crû, souvent ridicule mais jamais cruel de la vie de nos contemporains. Par le biais de photos grand format aux couleurs souvent saturées et « éclatées » par la lumière d’un flash, on y voit des couples qui s’ennuient, des touristes « de masse » et des fêtards en goguette souvent surpris dans des poses disgracieuses mais tellement criants de vérité.
L’exposition est organisée par thème ou localisation des dits « souvenirs ». (boring couples, Ecosse, Luxe etc.)


Martin Parr ajoute à ces figurants humains leurs objets de consommation souvent groupés afin de constituer des ensembles graphiques.
Ces photos nous interpellent, nous sautent au regard nous gênent parfois mais, toujours, suscitent notre intérêt.


Difficile d’imaginer ces posters dans notre salon ou notre chambre mais quel plaisir, peut être un peu voyeur, de les trouver dans un livre ou dans une exposition aussi riche que celle du Museum für Gestaltung !

 

http://www.museum-gestaltung.ch/en/exhibitions/jahresprogramm-2013/martin-parr/
 




Sebastiao Salgado et Paolo Woods au Musée de l’Elysée


J’ai eu la chance il y a quelques jours d’assister au vernissage des expositions « Genesis » de Sebastiao Salgado et « State » de Paolo Woods en présence des deux photographes.

                      

 


C’est surtout « Genesis » qui m’a séduit. Dès l’entrée du Musée on est giflé par ces magnifiques paysages noirs et blancs, très contrastés, superbement tirés en très grands format. Salgado nous transporte dans la partie (il nous dira 46% dans son discours) de notre planète vierge des méfaits de l’humanité dite « évoluée ».
Le photographe a mis dix ans pour réaliser ce projet. Utilisant les moyens formats argentiques puis numériques, choisissant des focales au très grand angle qui embrassent un panorama entier ou des téléobjectifs très puissants qui, écrasant les différents plans du paysage transforment les éléments les plus naturels en éléments graphiques saisissants.
On trouve sur les photos des animaux et des hommes mais il s’agit de ceux qui, jusqu’à aujourd’hui, n’ont pas été touchés par la civilisation.
Dans son discours inaugural Sébastiao Salgado n’a pas parlé de ses photos mais plutôt de son action ainsi que celle de sa femme pour la protection de la nature. Il n’en est pas moins, à mon avis, un très grand photographe.
L’exposition « Genesis » est aussi visible, en même temps, à Paris à la Maison Européenne de la photographie. On peut y acquérir pour une somme raisonnable (69 CHF à Lausanne) le magnifique catalogue grand format de l’exposition édité par Taschen.

 

             


Paolo Woods, jeune photographe canado hollandais nous montre Haïti et ses habitants sous un jour peu commun.
Il photographie des nantis posant dans des lieux luxueux, monde paradoxal en regard de la misère locale et des vestiges du tremblement de terre. Son message semble être : « Même là, la vie continue y compris par ce qu’elle a de moins beau ! »

 

http://www.elysee.ch/accueil/
 




Mes dernières toiles

Voici, en vrac, quelques commentaires relatifs aux dernières expositions que je suis allé voir. Je m’aperçois que j’ai pris pas mal de retard mais que j’ai vu, au cours des dernières semaines, beaucoup de choses intéressantes :


A Paris,


• au Jeu de Paume : Ahlam Shibli, photographe palestinienne dont les thèmes militants sont très liés à son origine, Des combattants, des vieillards, des homosexuels. J’ai bien aimé la photo de ce vieil homme montrant celle d’une résistante.

 

              


• à la fondation H.CB., exposition des œuvres de Vanessa Winchip : des photos d’adolescents, des paysages très graphiques, des friches industrielles, des arbres et des « queers ». Cela m’a bien plu. Peut-être parce que ces thèmes photographiques me sont chers


• à la M.EP, ce que j’ai e plus apprécié, cette fois ci, est la belle rétrospective des œuvres photographiques de Costa Gavras. On y sent à la fois l’amateurisme, dans le sens fort du terme: « celui qui aime » et l’œil acéré d’un professionnel de l’image.

 

                      

 


• A Beaubourg, j’ai eu la chance de bénéficier des éclairages d’une spécialiste très compétente lors de la visite guidée de l’exposition Roy Lichstenstein. Bien qu’étant à priori peu attiré par le pop art, j’ai ainsi découvert l’évolution d’un artiste contemporain tout au long de sa vie et ai pu mieux comprendre son œuvre, y compris et surtout les « trois dimensions » moins connues que ses reprises de BD.


A Lausanne,


• Au musée de l’Elysée, j’ai retrouvé avec plaisir Laure Albin Guillot que j’avais appris à connaître au Jeu de Paume en mars dernier et découvert Christian Lutz et sa « trilogie » sur le pouvoir. La polémique avec les églises évangéliques dont il est victime m’a fait réfléchir à l’absurdité des abus du droit à l’image mais c’est sa série sur le pouvoir politique, image de « coulisses » qui m’a le plus intéressé.

 

         


• A l’Hermitage, j’avoue avoir apprécié plus que prévu l’exposition consacrée à l’œuvre de Miro. J’y ai constaté le côté très limitatif, pour un artiste comme lui, des reproductions, même lorsqu’elles sont de qualité. Ce que l’on peut découvrir dans des livres, des revues ou sur le Net n’est pas à la hauteur de ce l’on voit dans une telle exposition. Il faut être au contact, de visu, des gigantesques toiles, des sculptures et des séries du maître. Son utilisation particulière des matériaux les plus divers qui servent de support à sa peinture demande d’en appréhender le relief pour véritablement les apprécier.

 


• Au Musée d’art contemporain, le MUDAC, l’exposition « coup de sac » est consacrée au sac plastique et à son utilisation par les artistes et les designers. Peu de choses farfelues, des idées originales mais j’avoue avoir particulièrement apprécié deux portraits remarquables du photographe hollandais Hendrik Kerstens. Ils sont intitulés de manière moderne : « bags » mais évoquent à s’y méprendre certains Vermeer comme celui, célébrissime , de la jeune fille à la perle.

 

         


A Evian,


• Dans l’exposition du Palais Lumière consacrée aux paquebots de la belle époque des transatlantiques, ce sont les affiches qui m’ont le plus intéressé. Le catalogue de l’exposition est pour les affichomaniaques comme moi un vrai régal.


A Malbuisson, sur les rives du lac de Saint Point,


• une courageuse exposition d’art contemporain/land art intitulée : « Pièces d’été ». De nombreux artistes y ont présenté leurs œuvres, très variées et souvent crées pour l'exposition. J’ai particulièrement aimé celles ci (photos Patrick Bonvarlet):

 

       

 

          


Voilà, je crois, l’essentiel de mon actualité artistique récente. Vivement d’autres découvertes.
 




Joël Meyerowitz à la Maison Européenne de la photographie le 15 mars 2013

  

J’ai découvert le photographe américain Joël Meyerowitz en regardant « l’Histoire de la photographie », documentaire passé il y déjà quelques temps sur la chaine Histoire.


On le voyait parcourir les rues de New York, le Leica à la main, dévisageant les passants, toujours en mouvement, à l’affut qu’il était d’une image, d’une silhouette ou d’une situation originale et intéressante. Ce « félin » de la photo m’avait surpris et intéressé et je me réjouissais donc, il y a quelques semaines, de visiter l’exposition qui lui était consacrée à la M.E.P.


Ma première surprise fut l’abondance de photos en couleur. Joël Meyerowitz explique que cette forme lui convient mieux que le noir et blanc et qu’il a acquis cette conviction à ses débuts lorsqu’il doublait systématiquement ses prises de vue à l’aide de deux appareils, l’un chargé en noir et blanc et l’autre en couleur.
Une autre caractéristique de ce photographe spécialiste de la photo de rue est, en général, la relative dispersion de ses sujets. Ses photos de rue doivent être analysées en détail pour les comprendre. Les « sujets » y sont souvent multiples. Un bon exemple est la photo prise à Paris en 1967 où l’on voit un homme gisant à terre près d’une sortie de métro et de nombreux passants attentifs ou indifférents à ce drame du quotidien.


A contrario, j’ai aussi beaucoup aimé la photo du cocktail de Cap Cod au sein de laquelle une jeune fille regarde fixement le photographe entourée des autres convives qui l’ignorent totalement. Une autre photo qui m’a intéressée, totalement à l’opposé des vues furtives de New York est cette image de plage, apparemment naturelle mais complètement posée puisque chaque personnage y apparait trois fois dans des positions et localisations différentes. Quel soin et quelle préparation ont permis d’aboutir à cet étrange « faux naturel ».


On oppose souvent, à juste titre, Joël Meyerowitz à Henri Cartier Bresson. Certes l’équilibre des photos du premier n’ont pas la perfection des œuvres du second. Certes il y a dans les photos de Meyerowitz des têtes coupées, des horizons bancales et des cadrages « hasardeux » mais ce qui rapproche ces deux artistes est la pertinence et la focalisation aiguisée de leur œil.

le site de Joël Meyerowitz: http://www.joelmeyerowitz.com/


Deux autres photgraphes étaient exposés à la M.E.P. : De gigantesques nus érotiques et un peu trash de Diana Michener et, plus intéressant à mon goût, les auto-portraits culturistes de Marcial Cherrier.

 

                 
 




Exposition Laure Albin Guillot au musée du jeu de paume jusqu’au 12 mai 2013

        

 

 

Cette exposition a comme sous titre « l’enjeu classique » et, en la visitant, j’ai trouvé que c’était à la fois justifié et incomplet. En effet, une des caractéristiques de cette photographe du 20ème siècle visiblement très célèbre de son vivant et peu connue de nos jours est l’éclectisme.


On voit dans l’exposition qui lui est consacrée au Jeu de Paume des sujets aussi variés que des natures mortes (livres sur étagère), de nombreux portraits de célébrités (Paul Valery, Gérard Philippe), des nus académiques (étude de nu, jambe) mais aussi, comme j’aime à les intituler « partiels » (mains de Han Harloff au piano, femme de profil avec main sur l’oreille). On y trouve aussi de « micrographie décorative », des études publicitaires mais très artistiques (tube de pommade, brosse à dent dans un verre, savon et main sous robinet etc.), des paysages (ciel horizon en bas avec haie d'arbres) et des photos de mode.


J’ai aussi remarqué et apprécié la photo d’une aile de voiture dans une allée forestière, le profil d’une femme en train de lire, les « petits métiers de Paris ou, plus surprenant, les illustrations osées (amours lesbiens) du recueil de poème de Pierre Louys intitulé « Bilitis » ou celles du « Narcisse » de Paul Valery.


Ce qui manque peut-être à cette artiste mais qui résulte de la grande variété de ses sujets est un style personnel qui nous permettrait, comme pour beaucoup de grands artistes, de reconnaître facilement et immédiatement ce qui passa, il y a quelques décades, à travers son œil et son objectif.


J’ai cependant eu, à la visite de cette exposition, le plaisir de la découverte et la joie de retrouver certains thèmes photographiques qui me sont chers.
 




Musée de l’Hermitage à Lausanne : exposition « Fenêtres » Du 25 janvier au 20 mai 2013

     

 

   

Les portes et fenêtres étant un de mes sujets photographiques de prédilection (voir la galerie du même nom sur le présent site), je me suis évidemment précipité au musée de l’Hermitage à Lausanne dès que j’ai su qu’une exposition leur était consacrée.

http://www.fondation-hermitage.ch/Expositions.20.0.html#.UT3o7jcc28U


Je n’ai pas été déçu et ai pu constater que ce thème était privilégié par de nombreux artistes qu’ils soient peintres ou photographes et ce depuis longtemps. Peut-être cet engouement s’explique t-il par le filtre bi directionnel sur l’espace que permettent les fenêtres, regard « cadré » vers l’extérieur offert à celui ou celle qui réside dans une pièce ou vision partielle et un tantinet voyeuriste de l’observateur externe qui voit ou devine la vie cachée derrière leurs huis. Une fenêtre est une frontière transparente entre l’intimité protectrice d’un lieu ou logis et l’immensité superbe et parfois inquiétante de l’extérieur anonyme. Elle est une « ouverture » entre deux mondes quelque soit celui dans lequel on se trouve. Elle est intimement liée à l’homme, son habitat, son environnement et sa vie.


En ce qui concerne la photographie, il me semble intéressant de souligner la similitude entre une fenêtre et le viseur de nos appareils. Ces deux outils, même si leur fonctionnalité première diffère, ont en commun de permettre à notre œil la perception d’un visuel, restreint à un cadre rectangulaire par la seule volonté d’un architecte pour l’une ou d’un photographe pour l’autre.


Si on ajoute à ces caractéristiques l’infinie variété des formes, des matériaux, et la force évocatrice d’une époque, d’un lieu, des habitants qu’ont ces objets supposés banals, on ne peut qu’être, comme je le suis, passionné par les fenêtres et par toutes les illustrations artistiques qui en ont été faites.


Le visiteur de l’exposition qui leur est consacrée à l’Hermitage sera probablement surpris devant la variété des techniques artistiques et le nombre des artistes et des œuvres exposées. J’y ai également remarqué que les visions de l’intérieur vers l’extérieur des fenêtres y étaient plus nombreuses que les regards indiscrets vers ce qui se cachent derrière elles.


Parmi les œuvres qui m’ont le plus intéressé ou séduit, je citerais la photo du port de Marseille par Bernard Plossu, un très joli dessin de Bonnard et l’exercice de style de Bertrand Lavier (au nom prédestiné) sur une fenêtre lavée.


En sortant, ravi, du musée situé dans une jolie demeure surplombant la ville de Lausanne je n’ai pu m’empêcher, vous vous en doutez, de sortir mon appareil photo de ma besace et de mémoriser quelques vues de…fenêtres de ce beau bâtiment.


Je ne peux que vous conseiller de visiter cette superbe exposition mais si ce n’était pas possible, je vous signale qu’un magnifique catalogue, très complet est disponible sur le lien suivant :

http://www.amazon.fr/Fen%C3%AAtres-Renaissance-nos-jours-Magritte/dp/8857216985
 




« Portfolio review » Musée de l’Elysée de Lausanne, 7 février 2013

Je ne boude jamais mon plaisir lors de ces réunions semestrielles du musée de l’Elysée qui permettent de découvrir les talents, très variés, de quelques jeunes ou moins jeunes photographes.


Lors de cette session, nous avons rencontré cinq photographes, tous suisses:

Le premier, Michel Bührer, est un journaliste qui s’est fait une spécialité de la photographie urbaine . La série qu’il nous a présentée était intitulée: « Bucarest, ville cannibale ». Il y souligne la confrontation des styles d’architecture et des états de fraicheur ou de délabrement des immeubles et maisons de la capitale roumaine. J’avoue que j’y ai surtout vu la misère esthétique d’une ville où tout fut permis, y compris le pire, après la politique catastrophique des Ceausescu. Bien qu’étant amateur d’architecture urbaine, j’avoue que je n’ai pas trouvé ici mon bonheur !

www.mbuhrer.ch


Le photographe suivant, Reto Albertalli, a relevé le défi de réaliser, à Kaboul, une série de portraits de jeunes femmes afghanes. Malheureusement, au-delà de cette prouesse, je n’ai pas trouvé dans ces portraits, pourtant beaux, un style ou un regard particulier qui aurait éveillé mon intérêt.

www.retoalbertalli.com

 


C’est un couple original qui nous présenta ensuite la série qui m’a le plus intéressé. Il s’agissait de Léa Lund et Erik K. Lui est un dandy africain très investi dans la mode, elle est photographe. Ce qui est particulier c’est qu’il est le seul modèle qu’elle utilise. On voit donc Erik pris par Lea dans le monde entier et dans des décors aussi divers qu’une station de métro parisienne ou une plage africaine. En fait, Erik est à la fois le seul sujet des photos de Lea mais aussi le « faire valoir » de ce qui l’entoure. Je trouve de plus que les photos de Lea sont très belles et traduisent de manière évidente l’amour qu’elle éprouve pour Erik. De vrais artistes !

www.lealund.com

 


C’est aussi un réel artiste qui leur succéda en la personne de Matthieu Brouillard. Je suis cependant moins sensible à son talent. Matthieu est aussi peintre et s’inspire beaucoup de la peinture classique. Il fixe sur sa pellicule ou ses pixels des scènes souvent dramatiques où des personnages au physique théâtral évoluent dans un décor plutôt « trash ». Il s’agit certes d’une œuvre véritable mais qui m’a laissé un sentiment de malaise.

www.matthieubrouillard.com


Pour terminer la soirée, Thomas Brasey, jeune photographe suisse, s’est lui aussi intéressé à l’architecture urbaine mais afin de dénoncer les excès du capitalisme et du développement touristique. Nous avons ainsi vu les aberrations de Ouaga 2000 et les laideurs de Crans Montana hors saison. J’ai trouvé ces reportages intéressants d’un point de vue documentaire mais moins attractif d’un point de vue photographique.

www.thomasbrasey.com


Vous l’avez compris, tout ne m'a pas passionné mais je n’ai pas regretté ma soirée. Peut-être qu’en visitant les sites de ces photographes vous aurez un avis différent du mien. Merci alors de réagir.
 




février 2013: Exposition « Le conflit intérieur » Gilles Caron au Musée de l’Elysée de Lausanne

Cohn Bendit                         Raymond Depardon Biafra

J’ai chez moi depuis plusieurs années, sous les yeux, dans mon bureau, une reproduction de la fameuse photo de Daniel Cohn Bendit défiant du regard un CRS lors des événements de mai 1968 à Paris. Cette célèbre photo de Gilles Caron me plaît bien sûr car elle se réfère à ma jeunesse mais aussi parce qu’elle renferme dans le seul visage de « Dany le rouge » une grande puissance évocatrice de l’insolence et de la force de la contestation face à l’ordre établi.


C’est en effet un des talents de Gilles Caron de savoir résumer en un cliché, par définition fenêtre limitée sur l’espace et le temps, un lieu et une époque beaucoup plus vaste que ce que renferme le cadre photographique et de générer ainsi chez nous des émotions fortes de peur, d’admiration, de pitié ou de dégoût.


Même si les photos les plus connues de Gilles Caron sont celles de conflits (Mai 1968, Londonderry, Vietnam, Biafra, Prague etc.) ce serait à mon avis une erreur de ne le considérer que comme un « photo reporter » à l’affut de scoops, photographe dont le talent principal est souvent uniquement d’être là au bon moment et sur le bon terrain. En visitant l’exposition qui lui est consacrée au Musée de l’Elysée on constate en effet que Gilles Caron est surtout un remarquable portraitiste de la nature humaine (il a d’ailleurs réalisé d’excellents portraits des célébrités de son époque à voir sur le site de la Fondation). Les conflits armés et révolutionnaires étaient visiblement pour le photographe des situations sans pareil où les femmes et les hommes qu’il fixait sur sa pellicule (soldats, policiers, révolutionnaires ou victimes) se montrent dans la force de leurs émotions, sentiments proportionnels à la gravité de l’événement auquel ils participent.


Le titre de l’exposition « le conflit intérieur » me semble particulièrement illustré par une photo prise au Biafra pendant la catastrophe humanitaire qui fit mourir des milliers de victimes innocentes. On y voit Raymond Depardon, collègue de Gilles Caron à l’agence Gamma, filmer un enfant biafrais en train de mourir à ses pieds. Je suis resté longtemps devant cette photo à m’interroger : Raymond Depardon et Gilles Caron n’auraient-ils pas mieux fait, plutôt que de filmer et photographier, de prendre cet enfant dans leur bras pour l’accompagner dans ses derniers instants ? D’un autre point de vue, cet enfant, comme tant d’autres, allait de toute façon mourir et le film de Depardon a peut-être contribué à sensibiliser les populations nanties de la misère et de l’horreur de ce conflit. Mais le plus intéressant dans cette photo est, à mon avis, que Gilles Caron ait éprouvé le besoin de photographier son confrère. Il illustrait ainsi à notre bénéfice le « conflit intérieur » qu’il éprouvait en « couvrant », pour nous, de tels événements.


Gilles Caron était beaucoup plus qu’un photo reporter. C’était un artiste complet doué d’un sens hors du commun de l’instant décisif, de l’esthétique des contextes les plus variés, capable de nous transmettre par le biais d’une simple feuille 30X40 de papier photographique les émotions qu’il éprouvait en appuyant sur le déclencheur de son Nikon.

Liens:

Musée de l'Elysée:

http://www.elysee.ch/

Fondation Gilles Caron:

http://www.fondationgillescaron.org/tirages/index.html
 




Exposition Marcel Imsand, fondation Gianadda, Martigny (CH)

Fondation Gianadda, vendredi 11 janvier 2013, Photo Pierre Grave

Après avoir déneigé ma voiture et ma cour en ce vendredi 11 janvier 2013, je suis parti motivé parcourir les quelques cent vingt kilomètres séparant mon domicile de Martigny afin de visiter la nouvelle exposition consacrée au photographe Suisse Marcel Imsand.
J’avais entendu récemment une émission de la radio suisse consacrée à cet artiste qui m’avait incité à mieux connaître son œuvre. Ce photographe, originaire de Gruyère et résidant aujourd’hui à Lausanne est malheureusement atteint de la maladie de Parkinson. Il a été le photographe attitré, en particulier, de Maurice Béjart et de Barbara. Au cours de cette émission il expliquait que son approche photographique passait par une certaine intimité, voire amitié, avec ses modèles. Il insistait également sur le fait qu’il faisait peu de clichés et préférait investir du temps sur la préparation de ses photos. A l’écoute d Marcel Imsand, on comprend que la raison de son succès, sa caractéristique principale, c’est d’être profondément humain, sensible et doué d’une grande empathie.
On retrouve en parcourant l’exposition « Marcel Imsand et la fondation Gianadda » cette grande sensibilité et la complicité qu’il a avec ses sujets. J’ai aussi été frappé par l’éclectisme de cet artiste : on retrouve dans son œuvre de nombreux portraits mais aussi de magnifiques paysages et des photos de reportage.
J’avoue que ma préférence va aux photos intimistes telles que les séries sur les deux vieux frères, le berger Luigi ou celle intitulée « la prière » où l’on trouve de superbes photos de moines. J’ai noté en particulier dans mon petit carnet de morceaux choisis : la fenêtre au rideau déchiré ; le portrait en silhouette de Maurice Béjart ; la clôture penchée ; le semeur de cendre et ses mains et les barques angevines dans la brume. J’ai moins apprécié les grands tirages de concert ainsi que toute la série consacrée à Giacometti et à ses œuvres. Je suis moins attiré par le côté presque « people » des photos de vernissages et je trouve que, malgré le talent de Marcel Imsand, les tirages des sculptures du maître ne traduisent pas assez leur relief et les variations de lumière qui en résultent.
Un dernier regret relatif à cette exposition : Les photos de Barbara en sont absentes. Quand on sait l’importance que cette artiste a eue dans l’œuvre de Marcel Imsand et quand, comme moi, on admire énormément « la grande dame brune », on ne peut qu’être frustré de cette omission. J’ai d’ailleurs essayé de compenser cette absence, dès mon retour à la maison, en commandant le livre consacré à l’amitié entre Imsand et Barbara intitulé : « La chanteuse et le photographe ».
Globalement, cependant, je n’ai pas regretté mon escapade valaisanne de ce début d’année 2013 et je suis sûr que Marcel Imsand fera désormais partie de mon "club d’estime" personnel d’artistes photographes.

Liens:

émission de radio RTS "Entre nous soit dit":

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/entre-nous-soit-dit/?date=26-12-2012

video "Grand entretien" Télévision suisse

http://www.rts.ch/archives/tv/culture/grands-entretiens/3478970-marcel-imsand.html

Fondation Gianadda:

http://www.gianadda.ch/wq_pages/fr/expositions/

 

     

  
 




La photographie en France : 1950-2000

                                            

 

Lors de ma dernière escapade parisienne j’ai eu l’occasion de confronter l’aberration du marketing culturel de certains événements (Hopper au Grand Palais, Dali à Beaubourg) avec la grande qualité de certaines expositions.
Je vous ai déjà parlé, dans un autre article, de la superbe exposition du Musée du Jeu de Paume consacrée à Manuel Alvarez Bravo. Je voudrais ici, en complément, vanter les mérites de celle de la Maison Européenne de la photographie intitulée « La photographie en France : 1950-2000 ».
Organisée par période, cette magnifique exposition vous permet, en un seul lieu, de retrouver les œuvres les plus célèbres de la plupart de ceux qui ont marqué la photographie de la seconde moitié du vingtième siècle. J’avoue que la période qui m’a le plus intéressé est celle des années 50. Peut-être est-ce parce que ce fut celle de ma jeunesse mais aussi, je pense, parce qu’elle correspond le plus à mes goûts en la matière.
Quel bonheur de retrouver ici les originaux des photos les plus connues de, entre autres (attention, la liste est longue) Edouard Boubat , Doisneau, Lucien Clergue, Sabine Weiss, Jean Dieuzaide, Henri Cartier Bresson, Marc Riboud, Bernard Plossu, Jean-Paul Sudre, Gilles Carron, Guy le Querrec, Jacques-Henri Lartigue, Helmut Newton, Martine Frank etc. mais aussi de découvrir avec plaisir des artistes moins connus comme Jean-Claude Goutard (L’assassinat de Baltard), Bruno Roquillat (Le plongeon) ou Denis Roque (Pyramide) !
Quelle leçon de photo ! Si vous aimez cet art, vous avez jusqu’au 13 janvier pour vous rendre à la Maison Européenne de la photographie. Vous ne le regretterez pas !

http://www.mep-fr.org/expo_1.htm




Manuel Alvarez Bravo au jeu de Paume


     

Malgré les fortes intempéries de ce début d’hiver, je n’ai pas résisté à la tentation d’un voyage vers la capitale pour y admirer quelques expositions.
Ma première visite fut consacrée au Musée du Jeu de Paume qui affichait sur ses cimaises de nombreuses œuvres du photographe mexicain Manuel Alvarez Bravo. Cet artiste peu connu du grand public est mort centenaire en 2002.
Ce qui m’a frappé dès l’entrée de l’exposition, est la force graphique de plusieurs photos. Sans « photoshopage » inexistant à l’époque, Alvarez Bravo arrive en jouant de l’angle de vue et du contraste à faire presque oublier la réalité « vulgaire » de ses sujets. A titre d’exemple la photo « Ondas de Papel » (vagues de papier) est un modèle du genre.
Un autre thème prédilection de l’artiste est celui des gisants. La photo introduisant cet article intitulée : « la bonne renommée endormie » illustre bien cette série ainsi que le goût du photographe pour les nus. Voir aussi dans cette dernière catégorie « la robe noire » qui allie, là encore, graphisme et réalisme. Les gisants sont aussi, parfois, ceux de cadavres comme celui de cet ouvrier en grève assassiné.

J'ai particulièrement apprécié: "Miss Taylor"; "Mains de Rufin"; "Bicyclettes le dimanche"; "Comme une île" et le triptyque sur le "béton".


Vous l’avez compris je conseille à chacun de visiter cette exposition qui permettra à ceux qui, comme moi, ne connaissaient pas cet artiste étonnamment moderne et éclectique de le découvrir et certainement à ses aficionados de le retrouver avec beaucoup de plaisir.
Un petit regret toutefois, le côté un peu terne et « grisailleux » de certains tirages d’époque qui gagneraient à mon avis, du moins visuellement, à plus de contraste et à des noirs et gris plus francs par un tirage moderne.

http://www.jeudepaume.org/index.php?page=article&idArt=1505&lieu=1
 




Revue de Portfolios Musée de l'Elysée 11/10/2012

J'ai assisté le 11 octobre 2012 au musée de l'Elysée de Lausanne à une revue de Portfolios durant laquelle ont été présentés les travaux de sept photographes:

Federico Berardi (1984, Suisse), Igor Gaidai (1961, Ukraine), Roselyne Titaud (1977, France), Noha Mokhtar (1987, Suisse), Amaia Urbistondo Azkarate (1982, Espagne), Marina Cavazza (1973, Italie) et Jorge Valencia Avila (1984, Suisse).

J'ai particulièrement apprécié les photos de:

Roselyne Titaux: http://roselynetitaud.fr/ avec les vues intérieures de la maison de ses grands parents (comme en exposition) et celle de cabanes personnalisées de weekend à Berlin

       

Amaia Urbistondo Azkarate (site web non trouvé) avec ses jolies et originales vues de New York la nuit

et Marina Cavazza: http://www.marinacavazza.com/  pour les photos de son palais familial romain et ses auto portraits.

      

 




Collection Howard Greenberg Musée de L'Elysée Lausanne

        

Je viens de visiter ce jour, vendredi 28 septembre 2012, les nouvelles expositions du Musée de l'Elysée de Lausanne.

http://www.elysee.ch/

Elles sont au nombre de trois:

  • Luciano Rigolini, "Concept car": oeuvres poétiques d'objets industriels
  • Freaks, la monstrueuse parade: photos de plateau du film du même nom
  • Howard Greenberg, collection: deux étages de présentation la collection personnelle de ce célébre galleriste new Yorkais

C'est sans hésitation cette dernière qui a eu ma préférence. Réunir en un même lieu, au même moment, tant de chefs d' oeuvre photographiques et autant de photographes célébres est en soi une gageure rendue possible par la richesse exceptionnelle de la collection de Howard Greenberg. Je m'y suis amusé à essayer de reconnaître les photos sans loucher sur l'étiquette qui les jouxtaient. Pour certaines, c'était facile tellement elles sont connues.

Imaginez, parmi les auteurs présents dans cette exposition, on trouve: André Kertész, Edward Steichen, Edward Weston, Walker Evans, Bérénice AbottRobert Frank, Diane Arbus, Eugene Smith, Saul Leiter, Sally Mann, Robert Adams, Henri Cartier  Bresson, Lewis Hines, Bill Brandt, Paul Strand, Richard Avedon, Marc Riboud, Robert Kapa, William Klein, Dorothea Lange. C'est d'ailleurs la célébrissime photo de cette dernière: "Migrant Mother" qui recueuillerait ma préférence. Ce portrait est pour moi, quitte à être excessif, en photgraphie, le pendant de laz Joconde en peinture.

J' ai aussi découvert dans cette expostion des artistes comme Roman Vishniac, photographe américain d'origine russe dont j'ai particulièrement apprécié La photo du Ghetto de Cracovie prise en 1937.

Vous l'avez compris, je vous conseille un détour, voire un voyage à Lausanne et une visite de cette  exposition exceptionnelle.

A noter le très intéressant catalogue réalisé à l'occasion de cete exposition en vente à la librairie du musée ( 49 CHF)




Exposition Eva Besnyo au Jeu de Paume

J'ai découvert cette artiste d'origine hongroise récemment à l'occasion de l'exposition qui lui est consacrée au musée du Jeu de Paume.

Grand fut mon étonnement de constater qu'un tel talent était presque inconnu sous nos contrée. J'apprécie beaucoup le côté dépouillé et graphique de ses oeuvres et la modernité de ses cadrages, surtout à lépoque de ses début où le classisisme était de mise en la matière.

La femme fut elle aussi intéressante pour son côté iconoclaste et les causes qu'elle eut le courage de défendre tant dans sa période hongroise qu'à celle où elle vivait à Berlin puis en Hollande.

L'expo prend fin le 23 septembre 2012 mais le jeu de Paume a édité un superbe catalogue encore en vente sur le Net.

Un regret toutefois, je n'ai pas trouvé à la bibliothèque du musée la passionnante video projetée à l'intérieur de l'exposition.

Information:

http://www.jeudepaume.org/index.php?page=article&idArt=1593&lieu=1  




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